Bilan de la première année du cycle d’interventions

Bilan de la première année du cycle d’interventions

Le 7 Juil­let dernier, s’est tenu la vis­ite des élèves du col­lège de Sois­sons Gérard Philipe au sein du Cen­tre d’Innovation, mar­quant la fin de la pre­mière année de la chaire Ouver­ture Sociale et Inno­va­tion ain­si que sa pre­mière réal­i­sa­tion, le cycle d’interventions “Ingénieurs et inno­va­tions”. Cette date a donc mar­quée la fin d’une série de 16 inter­ven­tions dans dif­férents col­lèges de l’Aisne, de la Somme et de l’Oise ain­si que leur vis­ite à postéri­ori du cen­tre d’Innovation.

Au cours de ces dif­férentes inter­ac­tions, des ques­tion­naires ont été dis­tribués en amont et en aval des dif­férentes inter­ven­tions aux col­légiens afin de pou­voir dress­er un por­trait de ces élèves, mais aus­si de recueil­lir dif­férentes don­nées tels que la représen­ta­tion du méti­er d’ingénieur et du domaine sci­en­tifique et tech­nique, l’aspiration et l’ambition sco­laire, et les pra­tiques des élèves en rap­port avec la sci­ence. La syn­thèse présente ci-dessous résume les dif­férentes répons­es aux dif­férentes ques­tions posées par ces ques­tion­naires.

Pour cette pre­mière année d’opéra­tion de la chaire, ce n’est pas moins de 369 col­légiens qui ont par­ticipé aux dif­férentes activ­ités de la chaire, que ce soit les ate­liers effec­tués au sein des col­lèges ou la vis­ite au Cen­tre d’In­no­va­tion. Les col­légiens prove­naient de huit étab­lisse­ments dif­férents présents au sein de trois départe­ments : L’Aisne, L’Oise et la Somme (voir carte ci-dessous).

Ces col­lèges ont été choisi selon trois critères. Le pre­mier étant celui de la rural­ité : par la présence majori­taire d’établissement d’enseignement supérieur en cen­tre urbain, les col­lèges qui y sont implan­tés ont sou­vent déjà des échanges ou des dis­posi­tifs avec ceux-ci, au détri­ment des col­lèges des zones rurales. Nous avons donc choisi ce critère en pre­mier pour pal­li­er ces iné­gal­ités, mais aus­si de pou­voir étudi­er les dif­férences de représen­ta­tion entre élèves issus de col­lèges urbain ou rur­al. Le deux­ième critère est celui de la com­po­si­tion sociale des étab­lisse­ments, notre choix est ici motivé par le fait que ce sont les publics les plus défa­vorisés sociale­ment qui ont le plus besoin de ce genre de dis­posi­tif. Pour ce faire, nous avons util­isé comme indi­ca­teur l’Indice de Posi­tion Sociale (IPS) des étab­lisse­ments. Enfin, le dernier critère était celui de la dis­tance à Com­piègne, afin de faciliter les trans­ferts durant les dif­férentes inter­ven­tions. Les dif­férents col­lèges sont présen­tés ci-dessous.

Départe­ments
Col­lèges
Col­légiens
Lors des dif­férentes inter­ven­tions, nous avons dis­tribué deux ques­tion­naires soci­ologiques. Le pre­mier visait à ques­tion­ner les représen­ta­tions de l’ingénieur et du domaine sci­en­tifique et tech­nique ain­si que l’aspiration ou l’ambition sco­laire avant le proces­sus d’intervention. Le sec­ond, dis­tribué lors de la dernière journée, visait à repren­dre cer­taines ques­tions du pre­mier ques­tion­naire pour éval­uer les vari­a­tions, mais aus­si d’obtenir d’autres infor­ma­tions sur les col­légiens et notam­ment les dif­férentes pra­tiques liées à la sci­ence. Afin de garan­tir l’anonymat tout en assur­ant le lien entre les deux ques­tion­naires, des cartes indi­vidu­elles présen­tant d’illustres ingénieurs étaient dis­tribuées aux élèves en amont du pre­mier ate­lier et qui ser­vaient d’identifiant anonyme.

Au cours de l’analyse des questionnaires distribués, trois aspects importants peuvent être relevés :

Par le ques­tion­nement autour de l’importance des domaines de l’innovation, nous avons mis en lumière un plébiscite pour les domaines de la recherche médi­cale, des éner­gies renou­ve­lables et des recherch­es sur la société, trois domaines que l’on peut réu­nir dans une con­cep­tion « human­iste » de l’innovation, qui se dis­tinguent des domaines de l’intelligence arti­fi­cielle et de la con­quête spa­tiale, rel­e­vant d’une con­cep­tion de l’innovation davan­tage « tech­nol­o­giste », c’est-à-dire qui met en avant la haute tech­nolo­gie. Ces résul­tats, en con­tra­dic­tion rel­a­tive avec les recherch­es ayant lieu chez les adultes, est peut-être la plus grande sur­prise du ques­tion­naire. En effet, la pré­dom­i­nance du sujet de l’intelligence arti­fi­cielle, que ce soit au tra­vers du développe­ment des voitures autonomes ou du développe­ment des grands mod­èles de lan­gage, comme Chat­G­PT, mais aus­si d’un retour de la médi­ati­sa­tion de la con­quête spa­tiale, représen­tée notam­ment par Thomas Pes­quet en France, nous con­dui­sait à penser que ces deux domaines seraient plus impor­tants pour les col­légiens.

Le deux­ième aspect impor­tant est celui de l’ambition et des aspi­ra­tions féminines. Les filles inter­rogées souhait­ent de manière générale s’orienter vers des études plus longues que les garçons, démé­nag­er plus tôt et plus loin du domi­cile famil­ial. Ces résul­tats, en appar­ente con­tra­dic­tion avec la recherche sur les déplace­ments géo­graphiques des jeunes femmes à un âge plus avancé, sont pour nous une preuve de l’importance de ce genre d’initiative à cette péri­ode pré­cise de la vie, afin de préserv­er l’ambition plus impor­tante des filles tout au long de leur sco­lar­ité.

Enfin, il est impor­tant de not­er la manière dont ont été récep­tion­nés les ate­liers. À l’issue de nos inter­ven­tions, on note une plus grande famil­iar­ité avec le méti­er d’ingénieur, une per­cep­tion plus nuancée du méti­er et une réflex­iv­ité sur l’impact de la sci­ence un peu plus accrue. Le deux­ième aspect est l’envie de devenir ingénieur, qui n’évolue pas entre les deux ate­liers. Si on peut, dans un pre­mier temps, con­sid­ér­er cette sta­bil­ité dans la réponse comme déce­vante, les résul­tats nous mon­tr­er que nous avons au con­traire semé des graines de désir de mobil­ité spa­tiale et sociale, surtout chez les jeunes col­légi­en­nes. De plus, à ce stade, il aurait été vain d’espérer sus­citer des voca­tions pré­cis­es pour l’ingénierie.